L’empathie, ou « savoir écouter au bon endroit »

« L’empathie ou la compassion, c’est la présence portée à ce que je vis ou à ce que l’autre vit. » (Thomas d’Ansembourg)

Je viens de lire le livre de Thomas d’Ansembourg « Cessez d’être gentils, soyez vrai ! Etre avec les autres en restant soi-même » et son passage sur l’empathie m’a beaucoup plu. Il y évoque la difficulté que l’on peut rencontrer à accueillir la souffrance de l’autre et donne quelques clés pour y répondre d’une façon plus « écologique », c’est-à-dire en préservant notre propre intégrité tout en apportant à l’autre le soutien dont il a besoin.

Face à une personne qui souffre et faute de nous sentir intérieurement assez solide, nous pouvons rencontrer deux peurs. Celle, irrationnelle mais néanmoins profonde, d’être « contaminé » par cette souffrance, et celle de n’être pas à la hauteur, de n’être pas « la bonne personne qui fait bien tout ce qu’il faut pour les autres » pour reprendre les mots d’Ansembourg. Si nous cédons à cet accès de panique et/ou de culpabilité, nous opterons selon toute probabilité pour une de ces réponses à la fois maladroites et inefficaces :

  • Minimiser les préoccupations de l’autre : « Mais non, ce n’est pas si grave, tu vas voir, ça va s’arranger… »
  • L’abreuver de nos « bons » conseils
  • Revenir à nous : « Ah oui, je vois ce que tu veux dire, moi aussi ça m’est arrivé, quand j’ai dû etc, etc. »

Et ce faisant, nous nous occupons non pas de l’autre mais de nous. Nous tentons hâtivement de colmater la brèche ouverte de notre impuissance, laissant finalement l’autre seul avec sa souffrance.

Maintenant revenons en arrière et utilisons notre pratique de pleine conscience pour répondre au mieux à cette situation délicate :  une personne qui nous est chère souffre et s’en ouvre à nous. Prenons un moment pour observer ce qui se passe non seulement « dehors », en écoutant attentivement ce que nous dit cette personne, mais également « dedans », en écoutant non moins attentivement ce que la situation soulève chez nous comme sensations physiques, émotions et réflexions.

A l’écoute de nous-même et de l’autre, ancrés dans notre respiration et dans notre être, nous pouvons alors accueillir ce qui vient et offrir à l’autre la seule chose dont il a besoin dans l’immédiat : un bras ! Un bras sur lequel s’appuyer pour descendre au fond du puits de sa souffrance et regarder sa blessure bien en face. Après seulement viendra le temps de panser la plaie, de chercher une issue.

L’empathie comme le dit Thomas d’Ansembourg, c’est savoir accueillir ce que nous vivons ou ce que l’autre vit. C’est s’abstenir de faire quoi que ce soit, pour être et être avec. Jour après jour, la pratique de la pleine conscience nous aide à développer la sécurité intérieure qui nous permettra de ne pas agir et de rester d’abord à l’écoute.

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