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La méditation : une invitation au sourire

La pratique de pleine conscience repose sur sept attitudes fondamentales de l’esprit :

  • le non-jugement
  • la patience
  • l’esprit du débutant
  • la confiance
  • le non-effort
  • l’acceptation
  • le lâcher prise.

Moi, je voudrais en ajouter une : l’humour !

Parce que quand on s’astreint jour après jour à s’asseoir une demi-heure à une heure sur un coussin pour « regarder le moment présent » et qu’1 fois, 10 fois, 1000 fois on s’aperçoit que l’esprit « s’est fait la malle » et se ballade un peu partout sauf dans le moment présent, mieux vaut ne pas se prendre trop au sérieux !

Attention : il ne s’agit pas là d’un humour sarcastique ou ironique qui tendrait à nous tourner en ridicule. La petite voix perchée sur notre épaule qui juge chacun de nos actes et qui dirait : « C’est bien la peine de faire tout ça si tu n’es même pas fichu de rester concentré plus de deux minutes ! » Non, je parle d’un humour empreint de bienveillance et de tendresse. Un sourire intérieur qui dirait : « Tiens, tiens, mon esprit est encore parti se ballader… Je n’y ai vu que du feu, il est vraiment fort ! Allez, revenons à la respiration. Renouvelons notre intention de rester là, présent. »

Comment nous en vouloir lorsque notre esprit vagabonde ? Que pouvons-nous y faire, puisque nous ne sommes pas ! L’humour  nous permet alors de ne pas prendre les choses de façon personnelle. Et c’est ce qu’évoque Romain Gary dans La Promesse de l’Aube :

Instinctivement, sans influence littéraire apparente, je découvris l’humour, cette façon habile et entièrement satisfaisante de désamorcer le réel au moment même où il va vous tomber dessus. L’humour a été pour moi, tout le long du chemin, un fraternel compagnonnage : je lui dois mes seuls instants véritables de triomphe sur l’adversité. Personne n’est jamais parvenu à m’arracher cette arme, et je la retourne d’autant plus volontiers contre moi-même, qu’à travers le « je » et le « moi », c’est à notre condition profonde que j’en ai. L’humour est une déclaration de dignité, une affirmation de la supériorité de l’homme sur ce qui lui arrive. Certains de mes « amis », qui en sont totalement dépourvus, s’attristent de me voir, dans mes écrits, dans mes propos, tourner contre moi-même cette arme essentielle ; ils parlent, ces renseignés, de masochisme, de haine de soi-même, ou même, lorsque je mêle à ces jeux libérateurs ceux qui me sont proches, d’exhibitionnisme ou de muflerie. Je les plains. La vérité est que « je » n’existe pas, que le « moi » n’est jamais visé, mais seulement franchi, lorsque je tourne contre lui mon arme préférée ; c’est à la situation humaine que je m’en prends, à travers toutes ses incarnations éphémères. 

Je voudrais finir dans un grand éclat de rire, celui d’un homme qui ne se prend pas au sérieux : que ce rire vous accompagne dans votre journée et bien plus loin !

 

Traduction du film :

Joseph coure vers l’aubergiste : « Aidez-moi, je vous en supplie, aidez-moi, ma femme va avoir un bébé ! » 

L’aubergiste répond : « Désolé, ce n’est pas ma faute. » 

Et Joseph de dire : « Ce n’est pas la mienne non plus ! » 

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